« Chanson de la ville silencieuse » de Olivier Adam (Editions Flammarion)

zoom-chanson-de-la-ville-silencieuseOlivier Adam fait partie de ces auteurs découverts à l’adolescence et que je n’ai jamais arrêté de suivre, livre après livre. Il y a dans ses thématique et sa façon de raconter une pudeur, une douceur lancinante qui me touche. Son dernier roman n’en manque pas. 

Dans ce nouveau livre paru pour la rentrée d’hiver, on découvre le récit d’une jeune fille, éditrice à Paris. Elle n’est jamais nommé, hormis comme la « fille de ». Son père est le chanteur Antoine Schaeffer, populaire et adulé pendant des décennies et faisant partie de la vie de centaines de milliers de français, il a disparu quelques mois avant le début de l’histoire. On le dit mort, on a retrouvé sa voiture près d’un fleuve, ses chaussures à flanc d’eau. Mais aucun corps pour faire le deuil.

La fille de se retrouve un soir devant la photo d’un homme affaibli, guitare à la main, prise dans un café de Lisbonne. Ce sont ses amis Sofiane et Théo qui enclenchent le processus de recherche : la fille part sur les traces de ce fantôme au Portugal.

Entre l’histoire de ce voyage se transpose celle de sa vie. Celle par procuration de son père et de sa mère, une vie bohème ou l’absence des parents saisit à chaque page. Des figures parentales de substitution entrent en scène avec Paul et Irène, les gardiens de la maison que son père a acheté en Ardèche et dans laquelle il s’enferme et décide de tirer un trait sur sa carrière. De là aussi qu’il décidera de partir ou en tout cas de disparaître.

En 200 pages tendues, c’est la quête et le bilan d’une vie qui s’étale. Peut être aussi un nouveau départ pour une existence à soi, loin d’une enfance solitaire. Un roman de transition dans l’œuvre d’Olivier Adam, semble t-il, dans une thématique qui lui est chère mais qui, même si l’ensemble reste efficace et prenant, donne à voir une respiration avant un prochain roman total comme il avait su le faire avec « Les Lisières » en 2012.